
Je sens la colère monter en moi... et elle ne va pas tarder à exploser. Non, zen, il faudra qu'elle explose le 20 août... pas avant.
Que je vous explique. Si vous avez lu l'article « J-31 », au début de mon blog (pour le lire, c'est ici), vous avez du vous apercevoir que j'étais pressée de partir de la maison d'édition où je bosse actuellement. Cela fait quasiment un an que j'y suis. Je m'entends très bien avec mes collègues mais beaucoup moins bien avec ma « collaboratrice » (c'est bête, c'est avec elle que je bosse).
Que je vous dresse le tableau : l'année dernière (avant que je ne sois dans la boite), celle-ci avait décidé de reprendre ses études... en apprentissage pour ne pas perdre son job. Mais pour que le boulot continue à « rouler » (je met entre guillemets car le boulot ne roule jamais bien avec elle...) il fallait qu'elle trouve une assistante. Pour ne pas payer quelqu'un trop trop cher, la boite s'est dit que prendre un apprenti serait parfait. Comme vous l'imaginez, l'apprenti, c'est moi...
Le planning était simple : le lundi et mardi, elle était à la boite, le mercredi nous y étions toutes les deux et le jeudi et vendredi, c'est moi qui était seule sur le poste.
Le début de mon apprentissage n'a pas été facile : je me suis retrouvée seule sur un poste que je ne connaissais pas et sans filet de secours (vu qu'elle n'était pas la pour m'aider). Bref, je ramais un peu... mais je m'en suis toujours sortie.
De son côté, elle, n'ayant jamais travaillé avec personne (oui, c'est une « je me la joue perso »), n'a jamais réussi à m'expliquer le boulot convenablement. Il fallait toujours que je déchiffre ses mails, ou ses messages et que je me débrouille seule. (« La méthode de Gertrude* : comment perdre son temps au boulot» disponible en librairie. *Ce n'est pas son vrai prénom)
Dernier point : ma charmante collaboratrice « Gertrude » est le bordel incarné. Elle ne sait pas ranger, trier, classer, son bureau est le champ de bataille de la 3ème guerre mondiale... Bref, super simple pour moi qui devait m'occuper de ses dossiers (si on peut appeler ça des dossiers) pendant son absence.
Malgré tout, j'ai rapidement été indépendante sur mon poste. Je faisais mon boulot, demandant un peu d'aide à certains collègues si je sentais que ça n'allait pas. J'aime le travail bien fait, donc je m'arrangeais toujours pour que ce soit clair, rangé proprement, et réalisé en temps et en heure.
Tous les vendredis soirs, j'envoyais à ma collègue bordelique un petit mail, où je détaillais point par point le boulot réalisé, ce qui était en cours, les messages qu'elle avait reçu et les m.e.r.d.e.s que j'avais résolues. Car, pendant son absence, c'est moi qui gérais ses boulettes. Et elles étaient très nombreuses et parfois très graves. Malgré tout, je supportais ses erreurs, ses maladresses (comme celle de partir en vacances avec mes fiches commerciales) et je l'ai même déjà couverte. Parfois, je râlais dans mon coin, quand je me rendais compte que je fournissais des efforts pour que finalement ce soit elle qui en récolte les compliments et en parlais à certains collègues qui étaient admiratifs de ma patience. Eux aussi étaient conscients de l'inorganisation de ma collaboratrice, et de son incompétence dans certains domaines.
Bref, l'année n'a pas été de tout repos. Cependant, j'étais contente de moi. Lors de la visite de mon prof- tuteur, le rendez-vous avec ma collaboratrice et la directrice marketing s'était bien passé. Même si j'avais l'impression d'être au jugement dernier, je n'ai eu que des compliments : « intelligence piquante », « totalement autonome sur le poste », « très bonne rédactrice », « très sympathique, organisée » etc. Bref, j'étais fière de moi.
Mais ce midi, ma colère s'est déclanchée. Je suis allée déjeuner avec un collègue devenu ami. Notre discussion a fini par dévier sur le boulot, et celui-ci m'a appris que ma collaboratrice me poignardait dans le dos. Qu'elle racontait que je ne faisais pas le travail qu'elle me demandait, qu'il fallait qu'elle repasse derrière moi etc.
Je pense que c'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Je pense que dans l'année, elle a fait plus d'erreurs que moi. De plus, je ne supporte pas qu'on me reproche des choses derrière mon dos. Si elle n'est pas satisfaite de mon travail, qu'elle vienne me le dire en face.
La petite consolation : mes collègues ne se sont pas gênés pour la remettre à sa place, en lui rappelant tout ce que je devais gérer à cause de sa tête en l'air et de son incompétence à faire du boulot correct.
Malgré tout, j'attends le 20 août avec impatience, qu'elle rentre de vacances pour lui en toucher deux mots. Je n'ai plus rien à perdre, il ne me reste qu'une semaine de boulot. Ma petite victoire : elle n'a trouvé personne pour me remplacer l'année prochaine. Je pense que quand elle devra récupérer tous mes dossiers, elle se rendra compte (un peu tard certes) de mon utilité dans la boite. Et je souhaite que ça lui fasse les pieds.
Voila, c'était le coup de gueule de l'après midi... sur ce, je retourne au boulot...
Je reste professionnelle avant tout.